
CULTURE INVITEE : LA PALESTINE
Gérard Prémel, M. Darwich : À quand le prix Nobel ? ; Mahmoud Darwich, Un mètre carré en prison et Une gazelle annonçant le séisme ; Entretien avec Jean-Luc Bansard autour de « Retour à Haïfa » ;
JEUNE LITTERATURE PALESTINIENNE
présenté par Esam Dana, avec Majed Atef, Munir Zaarour, Ra’ed Abu-Sitteh (nouvelles), et Line Ishaac El-Waary, Ali Abu-Khattab, Muhammad Jibril, Asmaa Saqer El-Atawneh, Mueen Shalouleh, Bashir Shalash, Tariq Al-Karmi (poésie) ; Husain Jamil Al-Bargouthi, Je serai parmis les amandiers ; Ghassan Zaqatan, Sortir de Damas du Cham vers « où » ; Bibliographie palestinienne ; Majed Bamya, La journée de la Terre
et Vis ma beauté, vis ; Le village d'Emmaüs ou la mémoire des lieux ; Paul Mattews et Bleuenn Bergé, Fragments de témoignages ; Solidarité franco-palestinienne.
ARTISTE INVITE : le Palestinien Taysir Batniji.
LITTERATURE :
Anne-Denes Martin, Les terres excentrées ; Liliane Riou, Vives voix de l'exil.
POESIE DE BRETAGNE : avec Denise Le Dantec, Bernez Tangi,
Jacques Thomassaint, Erwan Gourmelen, Annie Rouxel, Bruno Geneste et Daniel Kay
LANGUE BRETONNE : Anne-Marie Kervern-Quefféléant, Les Quêteurs de mémoire.
POURSUITE DU DEBAT SUR LA LAÏCITE : Guy Coq, La laïcité principe universel ; Erwan Vallerie, Chers amis
COMPTES RENDUS :
Figures du Palestinien d’Élias Sanbar, Neige d’Orhan Pamuk, Le Récit féminin au Maroc de Marc Gontard, Chien de feu de Bernez Tangi… ; Revues : Revue d’Études palestiniennes, Bretagne(s)… ; Vu, entendu : le lin à Landerneau…
À l’occasion de la sortie du dernier recueil du grand poète palestinien Ne t’excuse pas, l’association Reid Hall avait organisé une lecture le 6 février en sa présence et en présence d’Élias Sanbar son traducteur (cf. à la rubrique Impressions - les comptes rendus concernant ce dernier). Un acteur disait les versions françaises des poèmes de Darwich que Darwich faisait entendre ensuite en arabe. Lecture intense : « Le cheval est tombé du poème… » « Nous aussi, nous aimons la vie quand nous en avons les moyens… » « Et les douaniers ont dit : D’où venez-vous ? Nous avons répondu : De la mer. Ils ont dit : Où allez-vous ? Nous avons répondu : À la mer… » Dans le dialogue qui s’en est suivi avec le public, Sanbar faisait le passeur entre le français et l’arabe. Soirée mémorable en présence de nombreux exilés et sympathisants de la Palestine, d’autant plus mémorable que nos amis vivent des jours difficiles. Certes, le peuple palestinien a montré qu'il savait démocratiquement manifester son opinion mais il exprime aussi, à travers sa façon de le faire, la difficulté qu’il y a à poursuivre la construction d’une société civile laïque équitable dans les conditions de dépossession et d’oppression qui sont celles de la Palestine. Lors de la discussion après la lecture, l’inévitable question sur la situation nouvelle créée par les récentes élections appelait cette réponse de Darwich : « Les deux choses les plus importantes pour nous sont premièrement qu’il s’agit d’élections montrant que la société palestinienne fonctionne désormais dans le respect des règles démocratiques ; deuxièmement, c’est l’occasion de rappeler que, pour nous, l’identité palestinienne reste arabe et laïque. » Identité, le mot clé était prononcé. J’ai réalisé alors que le fameux poème de Mahmoud Darwich « Papiers d’Identité » avait été écrit il y a trente-deux ans. « Écris : / je suis Arabe. »
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Calligraphie de Mohammed Idalhi

Le 3 février, la troupe du Théâtre du Tiroir donnait au centre culturel Georges-Duhamel de Vitré deux représentations d’une pièce tirée, par Slimane Benaïssa – auteur et dramaturge algérien – de deux nouvelles de Ghassan Kanafani « Retour à Haïfa » et « Oum Saâd la matrice ». Ce travail a été effectué à la demande de Jean-Luc Bansard, metteur en scène et directeur de la troupe, qui entendait ainsi tenir la promesse faite par lui en 2000 aux réfugiés de Gaza : leur donner la parole à travers la voix d’un de leurs auteurs. La tragédie intime de Saïd, Safia, Myriam et Dov, les quatre principaux protagonistes de la pièce – donc de la nouvelle –, rejoint celle, politique, de la Palestine et fait écho au mythe du jugement de Salomon : un enfant pour deux mères, une terre pour deux peuples. Refusant toute prise de position pour un camp ou pour l’autre et s’affiliant ainsi à la pensée de Kanafani selon laquelle « seul l’homme est responsable de son destin et lui seul est capable de le perpétuer ou de le changer », cette pièce tente de démontrer qu’une paix juste est possible en réunissant des acteurs israéliens, palestiniens, algériens et libanais.
L’équipe de création a poursuivi, à travers les répétitions, ce travail de réécriture théâtrale, en cohérence avec les choix de mise en scène et de jeu des acteurs. Le résultat est assez bouleversant, porté par le talent et la diversité culturelle des acteurs (Nicolas Damuni, Malika Kadri, Maryvonne Schiltz, Rayana Obermeyer, Kamal Rawas) et l’art de Fayçal el Mezouar, chanteur et musicien, qui traverse la pièce un peu à la manière du chœur antique, mais aussi comme le messager muet, dans les derniers films de Losey…
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Jean-Luc Bansard a bien voulu répondre à quelques questions de hopala !
hopala ! : Comment t’est venue l’idée de tirer cette pièce de la fameuse nouvelle de Kanafani ?
Jean-Luc Bansard : Une visite à des amis comédiens de Gaza en janvier 2000 m’a convaincu que la responsabilité des artistes dans le monde entier était de faire connaître cette injustice mondiale : l’expropriation de tout un peuple avec le consentement de la communauté internationale (l’ONU et son impuissance à faire appliquer ses résolutions cautionne la colonisation par les sionistes des terres palestiniennes). En quittant les comédiens du Gaza Lab Théâtre, une des rares troupes professionnelles de Palestine et surtout de Gaza, je leur ai promis de raconter. Je leur ai demandé de me donner quelques noms de poètes ; ils m’ont dit : Mahmoud Darwich et Ghassan Kanafani. Et ils m’ont conseillé de lire Retour à Haïfa. Dès la première lecture, j’ai décidé de l’adapter, car cette nouvelle de Kanafani (sa dernière nouvelle, écrite en 1969, trois ans avant son assassinat par les Services secrets israéliens) est à la fois une œuvre profondément humaine, dramatique au sens shakespearien et est un résumé des deux grandes dates qui ont changé la face de la Palestine : 1948 et 1967. Pour le public français, c’est une leçon d’histoire et d’humanité.
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Le Théâtre du Tiroir, 8, rue Jean Macé, 53000 Laval (tél.02 43 91 15 66).
Présentation et traduction de l’arabe par Esam Dana
(extrait)
Et sur toi je veux jeter mes lys
Pour que te voit la mer
Le rivage rétrécissant
Les bergers de mélancolie experts en exils
Et les facteurs de la poste.
Je veux qu’à ton nom verdisse mon nuage.
Et je veux voir briller ta voix
Comme un arc de loin.
Et… m’endormir un peu
Sur la pierre saillie de ton genou
Et comme enfant attendre sur tes genoux
L’hiver d’un an nouveau.
Aussi, je veux frotter de mes jambes
La pierre philosophale
Et la mer des glaïeuls
Quand elle me transperce comme la foudre.
Et je veux un peu m’ensommeiller
Dans ta poitrine qui se feuille
De pluie bleue et de fruits.
Et je veux
Attendre
Les dieux
Ici dans le jour des esclaves.
membres de l’association France - Palestine Solidarité
HALHÛL. Samedi 12 novembre 2005.
Débarqués à l’aéroport de Tel Aviv le jeudi 10 vers 23 h 30, nous avons répondu sans problème à l’interrogatoire de la sécurité israélienne. Reposés à Jérusalem, nous arrivons un jour plus tard chez N., où nous sommes bien accueillis. Son atelier et son foyer se situent en milieu urbain. Heureusement, les conducteurs des taxis collectifs semblent bien connaître notre hôte; la documentation préparatoire fournie par l’AFPS nous a bien servi. Histoire de nous dégourdir les jambes, nous nous promenons et sommes invités par une foule d’enfants chez la famille P., où nous passons la soirée faisant la connaissance et prenant des photos d’une trentaine de Palestiniens, pour la plupart des enfants.
KHIRBAT JANBAH. Dimanche 13 novembre 2005.
Accueillis au siège du Land Defence Committee à Hébron par le géographe Abeb Alhadi Antash, nous partons pour Yattah au sud d’Hébron. Le soleil est au rendez-vous, alors que nous quittons cette ville pour nous rapprocher de la pointe du Neguev. Nous traversons le désert de Judée, sur une route extrêmement cahoteuse et poussiéreuse. Au loin la crête des montagnes de la Jordanie. La région est plutôt aride, très accidentée, pétrie d’une histoire multi-millénaire. À cinq cent mètres de la ligne verte – que les autorités israéliennes tentent de faire disparaître et qui n’existe plus nulle part sur leurs cartes de tourisme – se trouve notre destination, à la fois haut lieu de la résistance palestinienne et carrefour d’Asie et d’Afrique fréquenté depuis la nuit des temps par les caravaniers. Les archéologues y ont déterré des pièces romaines et byzantines. Nous essayons tant bien que mal de communiquer avec les bergers que nous rencontrons. Leurs troupeaux de chèvres trouvent de quoi manger dans une étendue faite, à première vue, exclusivement de sable et de rocaille. En réalité, au pied des djebels, s’étend une steppe de graminées, la végétation la plus répandue étant l’alfa et une plante épineuse qui a reçu le nom de Pilate. Les oueds sillonnant le paysage, et la présence par-ci et par-là des puits – que les colons sont réputés pour empoisonner en y jetant des carcasses de poulets –, indiquent des nappes phréatiques.
[…]
LE 16 MAI À 20H 30, AU LIBERTÉ À RENNES, A EU LIEU LE CONCERT « D’UNE SEULE VOIX » CHANTS PROFANES ET SACRÉS POUR LA PAIX PAR UN GROUPE DE CHANTEURS ET MUSICIENS ISRAÉLIENS ET PALESTINIENS
Taysir Batniji est né à Gaza en 1966. En 1985, il fait ses études aux beaux-arts de Naplouse en Cisjordanie. Il obtient une bourse du gouvernement français de cinq mois pour l’école des beaux-arts de Bourges, où il séjourne de 1995 à 1998. Depuis, il vit entre la France (et l’Europe) et la Palestine. Dans cet entre-deux géographique et culturel, il a développé une pratique artistique pluridisciplinaire (dessin, peinture, installation, performance, etc.) où l’image photo et vidéographique est centrale. Des vidéos, tels Départ, Transit ainsi que des œuvres photographiques et des installations, témoignent de cette situation, dans laquelle vit l’artiste depuis des années. Il tente ainsi de rendre compte des conditions de vie auxquelles sont confrontés les Palestiniens aujourd’hui, donnant une lecture conceptuelle et distanciée de la réalité, loin des clichés et des images véhiculées par les médias.
Après sa première exposition personnelle « Dessine-moi une patrie » à Paris en 2002, montrant des travaux réalisés à Gaza en 2001, il a participé à de nombreuses expositions, festivals, workshops et rencontres artistiques, en Europe et dans le monde (Rencontres d’Arles en 2002 ; C’est pas du cinéma au Fresnoy en 2002 ; la Biennale de Venise en 2003 ; Représentations arabes contemporaines, projet mené par Catherine David depuis 2001).
Bravo pour votre dossier laïcité, qui a le mérite de démontrer que ce concept de laïcité, avec sa richesse et ses dérives, est au cœur de la question bretonne et, plus généralement, des rapports de la démocratie avec les minorités. C’est un enjeu essentiel en ces temps où un républicanisme exacerbé se répand dans les médias, au risque de voir des pans importants de l’opinion bretonne – ou du moins de l’opinion bretonniste – jeter le bébé avec l’eau du bain.
Pour ne pas vous submerger de tout ce que j’aurais envie d’écrire, je me bornerai à trois remarques d’ordre sémantique, qui me paraissent éclairantes (il ne s’agit pas de jouer au prof de grammaire mais de contribuer au débat).
[...]
2. Comme dans tous les débats sur le sujet, vous employez itérativement le mot de « communautarisme », fût-ce pour prendre vos distances. Ainsi, page 9 : « L’axe principal du discours laïque officiel aujourd’hui en France relève d’une idéologie de combat contre le communautarisme » et, page 36 : « La laïcité se fixe, entre autres, un objectif : dissoudre le “communautarisme” dans la citoyenneté. » Mais avez-vous eu la curiosité de chercher la définition du mot dans un dictionnaire ? Si oui, j’espère pour vous que vous en détenez une édition récente. Car mon Petit Robert, qui date de 1970 (eh oui déjà !) ne connaît pas ce mot. Et pas davantage mon Petit Larousse, qui est pourtant de 1992. Curieux, non, cet ennemi héréditaire de la République et de la laïcité qui n’avait pas même de nom il y a quinze ans à peine. Cela me fait penser à cet argument abondamment développé dans la controverse sur le voile : le voile n’est pas républicain parce qu’il attente à l’égalité entre les femmes et les hommes. J’en suis personnellement bien convaincu mais je n’oublie quand même pas, moi qui ne suis pas tout à fait un vieillard, que, quand je suis né, après des décennies de République, ma mère n’avait pas encore le droit de vote. Qu’est-ce que c’est que cette idéologie républicaine, qui fait constamment référence aux grands ancêtres et qui passe son temps à ferrailler au nom de principes que non seulement les grands ancêtres n’imaginaient même pas mais qu’encore ils violaient allègrement ? Qu’est-ce que c’est, sinon justement, une idéologie, c’est-à-dire un discours visant à justifier une situation acquise, à pérenniser un rapport de forces. Et pour le communautarisme, comment ne pas voir que ce mot, entré si récemment dans le vocabulaire français, a d’abord servi à stigmatiser les affreux Américains qui menacent « l’exception française », que ce mot n’est qu’un des outils de l’anti-américanisme, ce « socialisme des imbéciles », paraît-il ?
[…]

J’écris une poésie
quitte de toute métaphysique
mais non
de la mythologie de l’amour
Mon âge :
celui de la vieille femme de Bear,
pleurant moins sur mes peines
que sur les humains
22, 29, 35, (44), 56…
Des Bretagne(s), mais lesquelles ?
Bretagne(s) : un pluriel de bon augure pour une nouvelle revue. Mettre la Bretagne au pluriel c’est dire que la Bretagne est diverse et riche de cette diversité. Une revue de qualité, éditée à Morlaix, avait déjà porté ce nom dans les années 1970 ; la volonté de renouer le fil est, à priori, un pari sympathique.
Le premier numéro de cette revue, financée à hauteur de 150 000 € par la Région, pourrait avoir tout pour plaire : comité de direction prestigieux (Yves Coppens, Jean Delumeau, Érik Orsenna…), belle maquette, mise en pages aérée de lecture agréable, prix attractif, diffusion en kiosque, projet séduisant (« proposer des travaux de recherche sur la Bretagne d’aujourd’hui, en évoquant des scénarios pour demain ») et pourtant…
Pourtant, le résultat est décevant sur quelques points clés. Parler d’« une Bretagne de tous les possibles » est un projet ambitieux qui suscite de l’attente, donc des exigences. Et, il faut le dire, quelques articles sont à la hauteur de cette attente et de ces exigences : l’éclairage magistral du démographe Hervé Le Bras sur l’évolution de la Bretagne prise dans sa totalité, illustré d’une cartographie fine, précise et claire, en est le meilleur exemple ; l’article de Jean Ollivro sur les enjeux du vieillissement n’est pas en reste : son appel à réformer nos valeurs révèle un regard aigu et positif sur l’avenir de notre société. Mais…
… mais comment peut-on parler du vote des Bretons sans intégrer la Loire-Atlantique ? L’homogénéité de la Bretagne sur certains sujets serait-elle gênante ? Comment peut-on faire l’histoire de la démographie bretonne en se référant, d’abord à la Bretagne historique puis, en perdant en cours de route (cinquante ans plus tard) 500 000 Bretons, l’équivalent d’un département ? Qui sont ces 500 000 Bretons manquant à l’appel ? Ne seraient-ils pas ceux de la Loire-Atlantique, larguée précipitamment ? Comment est-on passé de la Bretagne historique à la Bretagne croupion ? On ne le saura pas.
Alors, on se demande : déficit de pédagogie ? construction défaillante du raisonnement ? ou vilain tour de passe-passe ? Alors, on se demande : quelle était la commande, quel est pour Yves Morvan, directeur de la publication, l’espace d’étude pertinent ? […]
Anne-Marie Kervern-Quefféléant, présidente de l’association hopala !
Dans l’attente du numéro du printemps 2006 qui apportera sans doute un précieux éclairage sur les événements qui ont secoué la Palestine au début de cette année, on trouvera dans ce numéro 97 (automne 2005) un écho des conditions du combat des Palestiniens à travers l’hommage rendu à l’intellectuel Samir Kassir, assassiné l’automne dernier à Beyrouth. Samir Kassir, docteur en histoire moderne et contemporaine (université de Paris IV, 1990) fut membre du Comité de rédaction de la Revue d’études palestiniennes (1986-1994) et était rédacteur en chef de l’édition arabe du Monde diplomatique depuis 1998. Pour certains groupes et pays, il était un gêneur, donc une cible. On retiendra de ce copieux numéro la lucide analyse d’Ilan Halevi sur le désengagement israélien de la bande de Gaza : une remarquable étude de Raef Zreig « La Palestine, l’apartheid et la revendication des droits » et un éclairant article de Hilde Henriksen-Waage sur le rôle de la Norvège dans les pourparlers sur le Moyen-Orient. Le propos de cet article n’est pas anecdotique puisqu’il s’agit du rôle et de l’engagement des petits pays démocratiques dans la résolution des conflits. On y voit à quel point le rayonnement et le rôle positif de l’Europe sont loin d’être réductibles à leurs grands ténors (Allemagne, France, Grande-Bretagne…). La revue se clôt par de précieuses notes de lecture et la terrible chronique produite par l’observatoire de la colonisation, qui décrit par le détail la diversité des pratiques, des règles et des humiliations par lesquels colons, police et armée s’emploient à pousser un peuple au désespoir. À noter une nouvelle de grande qualité, « Flashback », sur le thème de l’exil comme labyrinthe, où le seul fil d’Ariane est le mal du pays, œuvre d’un écrivain palestinien peu connu en France : Riad Beidas.
Gérard Prémel