n°24

couverture et sommaire

ico_commande.gif  commander 


hopala24.png

CULTURE INVITÉE : LE PAYS DE GALLES
Erwann Chartier, Quand les Gallois se rassemblent : l’Eisteddfod ; Christian Demeuré-Vallée, Langue et identité en mutation : le miroir gallois ; Anne Hellegouarc’h, Cool Cymru : un nouveau pays de Galles ;
Jean-Yves Le Disez, Un Gallois à l’œuvre : Ned Thomas et Rencontre avec Tyrone O’Sullivan ; Ève Lerner, Et pourtant elles chantent, suivi des poèmes de Lynette Roberts, Gwyneth Lewis, Kate Bingham, Catherine Fisher, Elin ap Hywel, Samantha Wynne Rhydderch et Delith George ; Heather Dohollau, poèmes : Llanbadern et Penrhys ; Brigitte Kloareg, La force vive qui chante ; Nathalie Dugalès, Cymru : quelques repères historiques.
ARTISTE INVITÉ : PATRICE MÉRIOT
Rosine Buhler, Des vagues à l’âme
LITTÉRATURE
Bernez Tangi, Youenn vras (hommage à Youenn Gwernig)
Hommage à Samuel Bréjar
Etel Adnan, La radio (nouvelle)
Débats : Ban’ya Natsuishi, L’Est et l’Ouest se sont-ils vraiment rencontrés à travers le haïku ? ; La poétique de l’espace de Bernard Berrou (entretien).
DIVERS
Jean-Luc Le Cleac’h, Les « Stèles » de Geneviève Asse ; Anne-Marie Kervern-Quefféléant, Quêteurs et passeurs de mémoire… (langue bretonne) ; Michel Le Brigand, Le slam : l’invention d’une nouvelle forme.
CINÉMA
L’appel des cinéastes israéliens (dossier palestinien suite)
Festival de Douarnenez, peuples des Balkans : Gérard Prémel, L’École des rencontres… Gérard Alle, Un prince breton pour le Monténégro.

Éditorial

Les cousins et l’utopie

Gérard Prémel

Nos cousins gallois sont à l’honneur dans ce numéro.

Une brève (p. 90) nous rappelle que les échanges entre pays de Galles et Bretagne – ces deux régions celtiques voisines – ne datent pas d’hier. Une quarantaine de jumelages de communes (dont une douzaine en Loire-Atlantique) en témoignent. Cette tradition s’est concrétisée il y a deux ans par un accord global de coopération entre les deux régions, lequel accord a été rédigé dans les quatre langues : l’anglais, le breton, le français, le gallois. C’est le premier traité international co-rédigé en breton depuis un certain nombre de siècles... Cette tradition se concrétisera au début de 2007 par un colloque international à l’université de Brest, dans le cadre du CRBC (Centre de recherches bretonnes et celtiques - cf. p. 45), consacré au pays de Galles. Comme les Gallois ont le sens de la fête et de la poésie, ce numéro de hopala ! est une fête de la poésie et la poétique de la fête n’y est pas oubliée. Ce dossier est aussi le lieu d’une réflexion sur l’identité régionale et sur le fonctionnement démocratique du fait régional. Vaste chantier dont maintes informations et conversations « hexagonales » récentes, d’une inquiétante étrangeté, nous montrent l’urgence, la nécessité – et le niveau d’inachèvement…

[…]

2005 et 2006 auront été de bons millésimes pour le contenu de hopala ! dont l’équipe rédactionnelle s’est renouvelée et renforcée. Pour autant, l’avenir de la revue n’est pas assuré : son lectorat peine à s’accroître et son équilibre financier reste précaire. Sans compter que nous habitons un pays où il semble difficile de conjuguer la première personne du pluriel. C’est ce que nous rappelle Albert Jacquard, spécialiste bien connu de la génétique des populations, mais aussi humaniste et combattant de l’équité. Dans son dernier ouvrage Mon utopie (Éd. Stock, 2006), il développe l’idée que l’utopie consiste aujourd’hui à réapprendre à dire nous

[…]

Culture invitée : le pays de Galles

Quand les Gallois se rassemblent :

l’Eisteddfod

Erwan Chartier

L’Eisteddfod est la plus importante manifestation culturelle du pays de Galles. Chaque année, plus de cent cinquante mille personnes y participent pour suivre des compétitions artistiques, des cérémonies druidiques où, tout simplement, pour parler gallois. Car la finalité de cet immense rassemblement est de célébrer le gallois, la plus dynamique des langues celtiques contemporaines.

Des peuples celtes, les Gallois sont peut-être les plus méconnus à l’international. Posez une question sur les Irlandais, on vous parlera de joyeux lurons jouant du bodhran ou du violon dans un pub entouré de montagnes grandioses où la Guinness coule à flot. Interrogez sur l’Écosse et on vous décrira de grands gaillards en jupe, jouant de la cornemuse dans des montagnes non moins grandioses. Bref, de bien aimables caricatures qui permettent toutefois de situer ces pays. Mais les Gallois ? Au mieux, quelqu’un évoquera des vallées minières sinistrées où s’entraînent de solides rugbymen qui battent régulièrement les équipes d’Angleterre ou de France lors du tournoi des Six Nations... Mais n’espérez guère plus. Il est vrai que les Gallois n’ont, sans doute, pas les talents de leurs voisins, Irlandais ou Écossais, voire même Bretons, pour exporter l’image d’une culture souriante et créative […]

Pour les Gallois, la langue demeure l’essentiel. Y Gymraeg – le gallois – est ainsi surnom-mée Iaith y nefoedd (la langue des cieux). Elle est la langue celtique la plus dynamique. Un cinquième de la population la parle, beaucoup en ont des notions. Elle a ses bastions, dans les montagnes du nord-ouest du pays […]

Langue et identité en mutation :

le miroir gallois

Christian Demeuré-Vallée

À un ami gallois de passage, dix ans après son dernier séjour en Bretagne, je demandai ses impressions de voyage au regard de l’expérience et des évolutions récentes de son pays. Il me répondit sans hésiter : « Nous avons la langue, vous avez la culture. » Sa remarque illustrait son envie à l’idée que notre vie bretonne pouvait se décliner en façons de manger, de s’habiller, de faire la fête, authentiquement locales. Il n’en était, de son point de vue, pas de même au pays de Galles. Si langue y est massivement présente, d’autres formes plus profondes de la culture ont, en revanche, disparu et la présence massive de la langue galloise viendrait colorer une vie sociale globalement similaire à la mode anglaise.

Cool Cymru :

un nouveau pays de Galles

Anne Hellegouarc’h

Le processus de dévolution en cours au Royaume-Uni depuis plusieurs années a conduit les différentes nations, qui composent cet édifice, à une certaine introspection et le phénomène s’est traduit par une redéfinition de l’identité des uns et des autres, chaque nation en profitant pour affirmer une identité propre et revendiquer plus d’autonomie.

Le pays de Galles est l’une de ces nations en mutation. Au cours du siècle dernier, son évolution s’était faite selon deux cadences différentes : un processus régulier et progressif d’extension des institutions gouvernementales s’était accompagné d’une refonte brutale et chaotique de l’économie et de la société. Le déclin très rapide de la langue galloise avait été l’un des symptômes de ce bouleversement profond mais, depuis quelques décennies, on assiste à des efforts manifestes pour compenser les carences dont souffre le pays, que ce soit sur le plan économique ou politique, ou qu’il s’agisse d’une meilleure reconnaissance de la spécificité culturelle galloise.

Ainsi le déficit démocratique a été considérablement réduit par la création de l’Assemblée nationale du pays de Galles en 1999, une assemblée élue qui compte 60 membres et met l’accent sur la parité (hommes - femmes mais aussi parité linguistique puisque les deux langues du pays de Galles y ont valeur égale). Comme on l’imagine aisément, la seule création de cette institution a eu sur l’estime de soi de la nation galloise un impact considérable, dont on commence à voir le résultat aujourd’hui. Tandis que par le passé l’identité galloise était parfois subie, dans la mesure où elle était souvent en grande partie attribuée par le puissant voisin à travers un miroir déformant, elle est aujourd’hui agie

Poésie galloise

Et pourtant elles chantent

Ève Lerner

Exclues des male choirs gallois, ces chorales populaires, ouvrières, réservées aux hommes, les femmes se rattrapent en poésie où elles donnent de la voix en deux langues sur tous les thèmes et sur tous les tons. Grâce à la très riche et très pertinente anthologie des éditions Honno1, grâce aussi à l’incroyable travail d’exhumation de manuscrits anciens des deux éditrices, Katie Gramich et Catherine Brennan, on peut retracer l’évolution des femmes-poètes à partir du 15 e siècle et sérier les principales tendances de la poésie galloise contemporaine. Dans la pléthore de poètes et de poèmes, je me concentrerai sur le trident sexe, classe et identité culturelle avec un accent particulier sur la question des racines et du bilinguisme.

Flash-back

Curieusement, les poètes galloises du 15 e siècle, pour ce qui est parvenu jusqu’à nous, semblent se rattacher sans trop de problèmes à la tradition bardique de langue galloise, sans être marginalisées comme femmes. Gwerful Mechain (1462-1500), un genre de Louise Labbé, se permet sans être pour autant fustigée d’écrire Éloge du vagin et Dieu a créé le pénis, à surveiller de près, exemples de sexe cru, revendicatif, dont la spontanéité, l’humour et la fraîcheur évitent le graveleux et font preuve d’une liberté, devenue inconcevable plus tard …

Deux rivières (extrait)

Gwyneth Lewis

Seigneur des Rivières Vives
on m’a offert deux langues
à parler, ou plutôt, qui m’ont parlée
et traversent la diversité des paysages à partir d’une même source […]
J’avais le choix mais je n’ai jamais pu résister
à la chute jubilatoire de l’escarpé à l’estuaire
dans l’une ou l’autre langue. Comment les rivières
rêvent leur vallée qu’elles franchissent comme des vies
dans l’étonnement ? […]

Il fait partie des meubles

Samantha Wynne Rhydderch

Depuis que je l’ai fait empailler
et monté sous vitrine
mon mari est vraiment devenu
ce qu’il a toujours été :
une pièce de mobilier.
Toujours assis en silence à scruter
par la fenêtre, je me suis assurée
qu’il puisse le faire en permanence
je sais qu’il m’en saurait gré,
il a toujours voulu faire étalage
dans son plus beau paletot
attirer l’attention. Ça lui convient : il est bien mieux
éviscéré plutôt qu’à déblatérer.

La force vive qui chante

Brigitte Kloareg

La littérature est sans conteste l’art le plus reconnu au pays de Galles, un pays connu pour son attachement à la musique, comme le confirme une formule consacrée : « Cymru, gwlad y gân », « pays de Galles, pays du chant ». Il existe au pays de Galles une forme littéraire en langue galloise, proche de la musique, que l’on classe dans la catégorie poésie et qui porte trois noms : cynghanedd, cerdd dafod et canu caeth

[…]

Impossible n’est pas gallois :

rencontre avec Tyrone O’Sullivan hopala ! n°24 :
Extrait de Une aventure galloise – portrait d’une petite nation solidaire, Jean-Yves Le Disez, Coop Breizh, 2006.

Jean-Yves Le Disez

Le voyage est pour ainsi dire terminé. À ceci près qu’il me reste à rencontrer un homme exceptionnel, hors norme. Je suis intimidé. J’ai beaucoup entendu parler de Tyrone O’Sullivan, dans Là-bas si j’y suis, émission modeste et géniale, en particulier, dans la presse bien sûr, mais à ma grande honte je n’ai pas vu le film de Jean-Michel Carré, Charbons ardents (à mon retour je m’empresserai de réparer cette faute et ne le regretterai pas). Je reprends pour la troisième fois le train d’Aberdare […]. Nous traversons un paysage de plus en plus lunaire à mesure que nous approchons de la mine. Je réalise que j’ignore tout de l’industrie du charbon, jusqu’au vocabulaire.

Comment appelle-t-on cette chose au sommet de laquelle flotte un drapeau rouge ? Un chevalet ? Trois « gueules noires » sont adossées à une baraque. En face, une autre baraque, la cantine on dirait. Le chauffeur aperçoit Tyrone. Je ne suis pas le premier Français, loin s’en faut, qu’il conduit jusqu’à lui. Grâce à l’admirable film de Jean-Michel Carré, c’est sans doute en France que la fabuleuse saga de Tower a trouvé le plus large écho. Je ne vais donc pas la conter dans le détail, d’autant que mon propos est ailleurs. Je suis venu à la rencontre moins du mineur que du Gallois. Sauf que je vais découvrir qu’ils se confondent. L’ancien syndicaliste, devenu patron de cette entreprise rachetée par ses anciens employés, me reçoit dans son bureau, une minuscule pièce…

Aet eo d’an anaon ar barzh Youenn Gwernig

Avec la récente disparition du « Grand Youenn », nous perdons l’un des acteurs de la renaissance culturelle bretonne des années 1970. Youenn Gwernig fut sculpteur, musicien, chanteur, poète, romancier mais c’est, sans doute, le nom de barde qui le qualifie le mieux. Expatrié aux États-Unis par cet esprit de découverte qui pousse tant de Bretons sur les routes du monde, il rentre en Bretagne en 1969, aussi fauché que riche d’expériences humaines …

Youenn vras

Bernez Tangi

Deuet out betek du-mañ
en ur Rolls Royce ruz

da dañva gwinizh du Menez Are

Krenn’ a rae an aer
dindan heol miz even

Lâret ’ peus : « Lambig d’an holl ! »
Ha dirollet out da c’hoarzhin
[…]

Grand Youenn

Bernez Tangi

Tu es venu
dans une Rolls Royce rouge

pour goûter le blé noir des Monts d’Arrée

L’air tremblait
sous le soleil de juin

Tu as dit : « De l’eau de vie pour tous ! »
Et tu as éclaté de rire

[…]

Artiste invité : Patrice Mériot

Des vagues à l’âme

Rosine Buhler

hopala24-1.jpg

Il va sans dire, mais il va mieux en le disant, que l’art de Patrice Mériot doit à Douarnenez et au frémissement lumineux de la mer l’esprit de ses collages. D’ailleurs, il faut y regarder à deux fois pour se rendre compte qu’il s’agit de collages et non pas d’eaux-fortes aquarellées.Cette prodigieuse perfection technique lui donne la liberté de raconter ce qui lui chante et ça lui chante beaucoup.Il y a dans ses oeuvres l’extraordinaire rencontre de plages à marées basses où une déferlante de chevaux, harnachés pour la guerre et sans cavaliers, se brise sur nous dans un galop de vagues comme le poème de Keats.Le naufrage guerrier du cheval mort et de l’autre hennissant à la mort tandis qu’une sorte d’aurochs n’ouvre même plus sa mâchoire et qu’on aperçoit, écrasés par les branches, des exotiques dont une femme qui a le petit visage improbable de Piaf…

hopala24-4.jpg

La radio

Etel Adnan hopala ! n°24 :
Etel Adnan est née en 1925 à Beyrouth d’un père musulman syrien et d’une mère grecque et chrétienne. Après des études de lettres et de philosophie au Liban, en France et aux États-Unis, elle a enseigné dans de nombreux établissements aux Etats-Unis…

La radio est cassée. Le fils est mort. Le père est devenu fou. Ce n’est pas une nouvelle lue dans le journal, c’est ce que Omar est en train de me dire.

« Omar, viens ici. Tu as quel âge ?
– Entre onze et douze.
– Pourquoi tu pleures ?
– Je ne pleure pas.
– Mais si, tu pleures.
– Je ne pleure pas. Je vends des épingles.
– Depuis quand tu vends des épingles ?
– Depuis ce matin, Ya sitt.
– Tu pleures parce que tu as faim ?
– Non, je n’ai pas faim et je ne pleure pas.
– Ton nom ?
– Omar, Omar ibn Abou Taleb. »

*

Lundi, le chat des voisins est mort. Mardi, mon père a cassé la radio. Taleb a quitté la maison. Mercredi, on a attendu toute la journée que Taleb revienne. Jeudi, on a dit que mon père est devenu fou. On l’a emmené. Aujourd’hui, je suis là et je ne pleure pas. La ville est là-bas…

La poétique de l’espace de Bernard Berrou

Entretien réalisé par Alain-Gabriel Monot en septembre 2006

hopala24-2.jpg

hopala ! : ceux qui vous connaissent un peu savent que l’Irlande hante nombre de vos ouvrages. Pouvez-vous l’évoquer ?

Bernard Berrou : c’est un engouement mystérieux qui me lie à ce pays depuis trente-cinq ans, un besoin irrésistible qui ressemble à l’emprise d’un mythe. Quand je dois quitter l’Irlande, à la fin de chaque séjour, j’éprouve une profonde tristesse à la manière d’un deuil déchirant. J’aime aller en Irlande en toutes saisons, sauf en été. Au bout d’une trentaine de voyages, j’ai compris que ce pays figure une sorte de rêve obsédant, dont je ne peux me débarrasser. Et pourtant, combien de fois n’ai-je pas douté de cette fidélité qui me semblait tourner au ridicule. Je me suis demandé pourquoi je continuais à rouler des journées entières sous la pluie vers les mêmes lieux perdus, pourquoi je retournais dans les mêmes villages, dans les mêmes tavernes...

Quand j’essaye de recenser ce qui me rattache à l’Irlande, les réponses sont multiples, confuses. Je cite dans le désordre la forme de la campagne, les contrastes entre le vert des champs et la variété des gris…

Festival de Douarnenez, Peuples des Balkans

L’École des rencontres ou le voyage nécessaire

Gérard Prémel

hopala24-3.jpg

Le thème de la 29 e édition du festival, Peuples des Balkans, a connu un succès qui ne s’est pas démenti entre le samedi 19 et le samedi 26 août. Après le violent conflit qui a secoué les Balkans durant la dernière décennie du 20e siècle, on attendait avec impa-tience de voir comment le jeune cinéma des anciennes républiques de l’ex-Yougoslavie allait aborder les années de guerre et la période des séquelles. Les lecteurs de hopala ! n’ont pas oublié le numéro que nous avons consacré aux Jeunes voix de l’ex-Yougoslavie (hors-série n° 3, 2004), lequel rassemblait douze auteurs traduits par l’excellente Mireille Robin. Ces pages témoignaient d’un regard sur le monde qui était celui des survivants, pas seulement par l’inquiétante étrangeté des situations décrites mais aussi par l’écriture même. C’est une caractéristique que l’on retrouve dans ce cinéma que le festival nous a permis de découvrir ou redécouvrir. Pour l’auteur de ces lignes, plus que la joie de revoir les grands anciens (Aleksandar Petrovic, Dusan Makavejev…), le fil conducteur du festival aura été le voyage : Le voyage qui dévoile (la vérité des voyageurs et de l’espace du voyage, avec Qui chante là-bas ?, film de Slobodan Sijan de 1980 ; la vérité sur l’oppression cachée derrière la normalité que dévoile un voyage imaginaire, avec Papa est en voyage d’affaires, un des premiers films de Kusturica, 1985 ; ou encore les films consacrés aux Rroms)ou le voyage initiatique à partir de cette proposition : comment repartir de zéro pour reconstruire des relations humaines ? (Karavana Mira, « La caravane de la paix », de J.-B. Delorme, avec Darko Brkar, 2006 ; Les femmes des douze frontières de Claudine Bories, 2003) et, tout autre voyage, le survol des lieux du conflit avec Vérité assiégée… […]

Un prince breton pour le Monténégro

Gérard Alle

Lors de sa dernière édition, consacré aux Balkans, le Festival de cinéma de Douarnenez avait invité Nicolas Petrović-Njegoš, prince héritier de la couronne du Monténégro. Né en Bretagne, militant pour l’indépendance du pays de ses ancêtres, assumant une identité multiple, il témoigne d’une histoire peu banale.

Né à Saint-Nicolas-du-Pélem le 7 juillet 1944, Nicolas est le fils de Michael Petrović-Njegoš, lui-même petit-fils de Nikola Ier, dernier roi du Monténégro, et de la Trégorroise Geneviève Prigent. Durant la Seconde Guerre mondiale, Michael, qui avait refusé de monter sur le trône de son pays et d’être ainsi le jouet des nazis, s’était retrouvé interné en camp de concentration, avant de s’engager dans la résistance en Centre Bretagne, aux côtés des communistes. C’est dans le train entre Paris et la Bretagne qu’il avait fait la connaissance de Geneviève Prigent, alors étudiante. Celle-ci s’est fait connaître dans le Trégor par son engagement dans les combats de défense de l’environnement, ce qui fait dire à Nicolas : « Les deux grands combats de la famille Petrović-Njegoš sont la lutte contre le port de plaisance de Trébeurden et pour l’indépendance du Monténégro. » Si le premier a été perdu, le second s’est achevé par une victoire, en juin 2006. Les 484 718 électeurs appelés aux urnes, lors de ce référendum, ont voté à 55,5 % pour l’indépendance […]. Le résultat remplit les deux conditions imposées par l’Union européenne, à savoir une indépendance approuvée par au moins 55 % des votants et une participation d’au moins 50 % des inscrits (elle s’est élevée à 86,6 %). Dès l’annonce des premières estimations, les partisans de l’indépendance ont envahi les rues de la capitale Podgorica et laissé éclater leur joie […].

Brève de brève ou si vous…

… VOUS AFFLIGEZ, EN TANT QUE POÈTE, DE N’AVOIR PAS ENCORE REÇU LE PRIX DE L’ORDRE DES EXPERTS-COMPTABLES DE BRETAGNE, décerné dans le cadre du concours Crea’acc (?), alors inventez vite un nouveau logiciel de poésie (ou de philosophie si vous êtes aussi un peu philosophe). C’est avec un logiciel de ce type que Nadine Philippe est devenue lauréate, cette année, du prestigieux prix. Le principe du logiciel est simple : vous entrez quelques mots-clés dans la machine, vous cliquez et le poème sort. Un exemple : vous avez tapé sur votre clavier les mots fleurs, papoter, vase, vous cliquez et sort le poème : « Les fleurs papotent dans les vases. » Stupéfiant, n’est-il pas ? Il paraît que les applications de ce logiciel sont multiples. Mais vous n’êtes pas sans savoir (et non sans ignorer comme aime à dire une certaine candidate à la candidature) que nous vivons une époque passionnante…


retour en haut retour en haut de la page

design : julien poireau - janvier 2007 - XHTML 1.1 Strict! - Valid CSS